VEEF 2035 : ce que change l'accord franco-allemand pour les flottes
L'accord franco-allemand du 16 octobre 2026 ouvre la voie aux VEEF comme complément à l'électrique pour 2035, sans régler encore traçabilité ni éligibilité.

Qu'est-ce que le VEEF et pourquoi cet accord change la donne
VEEF signifie « Vehicles running exclusively on Eligible Fuels » : des véhicules conçus pour fonctionner exclusivement avec des carburants renouvelables et bas carbone. La condition est stricte — l'usage du carburant éligible doit être exclusif, pas simplement possible en option. C'est cette catégorie que la France et l'Allemagne proposent de reconnaître dans leur position commune du 16 octobre 2026.
Pour les gestionnaires de flotte, cette annonce introduit une deuxième voie possible vers la neutralité carbone 2035, aux côtés du véhicule électrique. Elle ne remplace rien, elle ajoute une option qui pourrait concerner le bioéthanol, les biocarburants durables et les e-fuels. L'enjeu immédiat n'est pas d'agir, mais de comprendre précisément le périmètre et le calendrier réel de cette ouverture.
Les trois piliers de la position franco-allemande
Une trajectoire CO2 maintenue à -90 %
Le premier pilier confirme un objectif de -90 % d'émissions de CO2 en 2035 par rapport à 2021 pour les véhicules légers. La trajectoire de réduction reste ambitieuse et n'est pas assouplie par l'ouverture aux VEEF. C'est un point important : l'accord ne dilue pas l'objectif climatique, il élargit les moyens d'y parvenir.
La reconnaissance des VEEF comme zéro émission
Le deuxième pilier propose de reconnaître les véhicules VEEF comme des véhicules à émissions nulles, au même titre que l'électrique, dans le cadre de cette position franco-allemande. Cette reconnaissance resterait conditionnée à l'usage exclusif d'un carburant éligible, et non à une simple compatibilité technique.
Une ambition « Made in Europe »
Le troisième pilier porte sur l'investissement, la R&D, la production et les chaînes d'approvisionnement européennes. L'objectif est de conserver en Europe la capacité industrielle liée à ces carburants, plutôt que de dépendre d'importations. C'est un argument de souveraineté énergétique autant que de décarbonation.
Ce que le VEEF n'est pas : ni un recul de l'électrique, ni un feu vert immédiat
Il est important de clarifier ce que cet accord ne dit pas. Il ne s'agit pas d'un recul sur le véhicule électrique, qui demeure la technologie centrale de la décarbonation automobile en Europe. La position franco-allemande affirme une approche complémentaire, technologique et industrielle, pas une remise en cause de la trajectoire électrique.
Le VEEF n'est pas un règlement européen : c'est une position commune qui doit encore passer par le Conseil et le Parlement européen avant toute application.
Ce n'est pas non plus un feu vert immédiat pour les flottes. Avant toute mise en œuvre, l'accord doit être validé au niveau européen, puis suivi de la définition des règles d'éligibilité, de traçabilité et d'homologation. Tant que ces étapes ne sont pas franchies, aucun véhicule ne peut se prévaloir du statut VEEF.
Traçabilité et éligibilité : les règles restent à construire
La reconnaissance des VEEF dépendra directement de la capacité à prouver, pour chaque véhicule, l'usage exclusif d'un carburant éligible. Cela suppose des règles de traçabilité robustes, du producteur du carburant jusqu'au véhicule en circulation. Sans ce dispositif, la catégorie VEEF resterait théorique.
- Définir quels carburants sont reconnus comme « éligibles » (bioéthanol renouvelable, biocarburants durables, e-fuels)
- Fixer les seuils et critères de durabilité applicables à chaque filière
- Établir un système de traçabilité du carburant jusqu'au véhicule
- Préciser les règles d'homologation des véhicules concernés
- Obtenir la validation du Conseil et du Parlement européen
Pour les acteurs des filières bioéthanol, biocarburants et e-fuels, ces prochains mois seront déterminants. Ceux qui anticipent la structuration de leur traçabilité seront mieux positionnés le jour où les critères seront fixés. C'est un enjeu de compétitivité autant que de conformité.
Comment Heeding accompagne cette nouvelle donne réglementaire
Heeding construit une infrastructure de traçabilité pour les carburants durables, conçue pour s'adapter aux cadres réglementaires en construction comme celui du VEEF. La plateforme relie producteurs, distributeurs et acheteurs de carburant autour de données vérifiables, un prérequis pour toute reconnaissance future de l'éligibilité.
Pour les gestionnaires de flotte, l'enjeu est de ne pas attendre la publication des règles finales pour s'organiser. Cartographier dès maintenant ses usages de carburant, ses fournisseurs et ses besoins de preuve permet d'aborder sereinement l'étape suivante, quelle que soit la forme qu'elle prendra au niveau européen.
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